Le Top 5 des députés sortants en pôle position
Sur les douze députés sortants du département, une seule, Edwige Diaz (Rassemblement national), a été réélue au premier tour, un autre, Pascal Lavergne, arrivé troisième, s’est désisté pour faire barrage au candidat RN dans la 12e circonscription.
Sur les dix autres sortants, cinq se retrouvent en ballotage favorable, dont les trois élus en 2022 dans la Nupes, candidats pour le Nouveau Front populaire. Les voici dans l’ordre de la situation de la plus à la moins favorable :
1 – Loïc Prud’homme (3e circonscription)
Il a manqué 106 voix au député insoumis sortant pour être réélu dès dimanche dernier dans cette circonscription, regroupant le sud de Bordeaux, Bègles, Talence et Villenave d’Ornon, traditionnellement favorable à la gauche lors des scrutins nationaux.
Avec 49,83% des voix quand la deuxième, la candidate (Modem) de la majorité présidentielle, n’en a a fait que 18,64%, Loïc Prud’homme entamera, sauf incroyable coup de théâtre ce soir, son troisième mandat. A noter la présence au second tour d’une candidate RN, Maryvonne Bastères, ce qui limite d’autant plus les éventuels reports de voix contre le candidat du Nouveau Front populaire.
2 – Nicolas Thierry (2e circo)
Ce second tour devrait aussi être une formalité pour le député écologiste sortant de Bordeaux, qui a lui raté sa réélection au premier tour de 297 voix. Le représentant du Nouveau Front populaire est engagé dans un duel contre une candidate macroniste, Véronique Juramy, présente sur la liste de Thomas Cazenave aux dernières municipales.
Avec 29% des voix (contre 49,45% à son adversaire), elle accuse un retard de près de 11000 voix, qui rend hautement improbable un retour dans le giron de la majorité présidentielle de cette circo, détenue entre 2017 et 2022 par Catherine Fabre, battue en 2022 par Nicolas Thierry. Son retour dans l’hémicycle devrait conforter Bordeaux en tant que place forte écolo.
3 – Alain David (4e circo)
L’ancien maire socialiste de Cenon se retrouve dans un duel face à Julie Rechagneux, conseillère municipale RN de Lormont. Mais si l’extrême droite ne cesse de progresser sur la rive droite, et dans toutes les communes de cette circonscription, celle qui vient d’être élue eurodéputée sur la liste de Jordan Bardella est encore loin du compte : elle accuse 10 points et environ 6300 voix de retard sur le candidat du Nouveau Front populaire.
Ce dernier, qui a réalisé 42,36% dimanche dernier, devrait en outre pouvoir tabler sur des reports de voix des électeurs du centre droit, notamment parmi les 11000 qui ont choisi Fabrice Moretti (majorité présidentielle) au premier tour.
4 – Grégoire de Fournas (5e circo)
Second tour piège pour le député sortant Rassemblement national. Sur le papier, avec 42,32% des voix, 10,5 points et près de 9000 voix d’avance sur Pascale Got, le candidat d’extrême droite part avec une marge confortable dans un territoire, le Médoc, de plus en plus acquis à l’extrême droite.
Mais Grégoire de Fournas s’est surtout fait connaître à l’Assemblée nationale par une sortie raciste qui lui a valu 15 jours d’exclusion, et par un solide travail de lobbying en faveur des pesticides. En face, son adversaire socialiste a bénéficié d’un désistement rapide du candidat de la majorité présidentielle, Stéphane Sencé, et du soutien de nombreux élus locaux de la circonscription.
Une remontada n’est donc pas tout à fait à exclure, en particulier en cas de grosse mobilisation dans les parties urbaines et littorales de la circo, où l’électorat modéré pourrait faire barrage à l’extrême droite.
5 – Thomas Cazenave (1re circo)
L’engagement dans la campagne de la droite locale a pour l’instant préservé le ministre des comptes publics des revers essuyés par de nombreuses figures macronistes. Le député Renaissance sortant a ainsi viré en tête au premier tour, avec 38,31%, 4 points et 3000 voix d’avance sur Céline Papin.
La candidate écologiste du Nouveau Front populaire devra compter sur une participation massive des quartiers populaires de Bordeaux nord pour contrer le vote des parties plus bourgeoises et pavillonnaires de la circonscription, au Bouscat, à Bruges ou encore à Caudéran. Une inconnue plane aussi sur les reports de voix, alors qu’un candidat RN, Bruno Paluteau (21% au premier tour) est aussi présent dans cette triangulaire.
Un échec serait un double coup dur pour Thomas Cazenave, dans ses ambitions nationales comme dans ses vues sur la mairie de Bordeaux en 2026.